Sur l’île de Ré, une maison de pêcheur de 1972 décloisonnée et ouverte sur le village

Le Studio MPL a décloisonné une maison de 1972 sur la place de l’Église, en gardant le nuancier des volets, le bois et la pierre apparente du village.

Capucine Hamelin Par Capucine Hamelin
3 min de lecture
Sur l’île de Ré, une maison de pêcheur de 1972 décloisonnée et ouverte sur le village
Façade blanche aux encadrements bleus, avec volets persiennes et porte blanche, photographiée de face. Image d’illustration sans lieu établi.

En bref

  • Le Studio MPL a rénové une maison de pêcheur rétaise de 110 m², avec trois chambres dont deux suites.
  • Façade et menuiseries suivent les codes locaux : bois, volets au nuancier officiel, pierre apparente.
  • À l’intérieur, un camaïeu de blanc et d’écru s’associe à des éléments en plâtre aux accents seventies.

Sur la place de l’Église, en face d’un petit manège, une maison de pêcheur de l’île de Ré a été rénovée par le Studio MPL, qui a conservé le charme local tout en lui donnant un style plus actuel, comme le détaille AD Magazine.

Décloisonner une maison de village

Le studio a été fondé en 2025 par Matthieu Poirier-Lauvin. La cliente souhaitait un lieu de vie radieux, à la fois authentique et singulier. La maison, construite en 1972, était entièrement cloisonnée. Les faux plafonds ont été retirés pour regagner de la hauteur, et le plan a été refait presque en totalité : seule la structure de l’escalier a été gardée.

110 m²de surface habitable
1972année de la maison
3chambres, dont deux suites
10 cmde hauteur perdue avec le chauffage au sol

Le chauffage au sol du rez-de-chaussée, demandé par les clients, inquiétait le studio, la maison étant plutôt basse. Il n’a finalement coûté que dix centimètres, regagnés en refaisant le plancher de l’étage. Le fondateur résume sa démarche ainsi : « J’aime faire des choses qui dans cinq, dix, ou quinze ans ne seront pas démodées. Je recherche l’intemporalité », explique Matthieu Poirier-Lauvin, fondateur du Studio MPL.

Les codes de l’île de Ré, de la façade à la pierre

Sur des murs blancs, les volets colorés sont une signature locale. Toutes les menuiseries, les volets et la porte sont en bois. Seule exception : la verrière de la salle à manger, en métal pour pouvoir coulisser.

Dans cette pièce, un mur en pierre près de la cheminée était entièrement caché. Les maisons de village de l’île assument souvent ce type de mur. Le designer n’en est pourtant pas fan d’ordinaire : « Habituellement, je ne suis pas un grand fan des murs en pierre. Mais ici, j’ai remarqué que le mur est en bon état et que les pierres sont belles », dit Matthieu Poirier-Lauvin. La pierre a donc été mise à nu.

Matériaux et palette, pièce par pièce

Élément Choix retenu
Palette intérieure Camaïeu quasi-monochrome de blanc et d’écru
Mobilier Anthracite ou chêne, en contraste
Sol du salon Dalles de travertin opus romain
Plan de travail de la cuisine Pierre de Jérusalem, un calcaire
Salle à manger Mur en pierre mis à nu, verrière coulissante en métal

Le travertin répond à une logique précise. L’architecte avait songé aux tomettes ou aux briques, avant d’y renoncer : trop de contraste, trop d’informations. Il cherchait un sol cohérent avec le mur, sans « une lecture trop confuse des matériaux ».

Un esprit seventies sous les poutres

Des éléments sculpturaux en plâtre blanc (cheminée, banquette, bibliothèque intégrée, rambarde d’escalier) dessinent une architecture aux accents seventies. La banquette du salon permet d’aménager un coin lecture.

Le séjour de 44 m² était un défi pour la lumière naturelle. Le soir, des appliques, des suspensions Akari 33N en papier d’Isamu Noguchi et des lampes d’ambiance chaudes prennent le relais.

Photo : Jan van der Wolf / Pexels